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NEWSLETTER 4EME TRIMESTRE 2020

10/24/2020

NEWSLETTER 4EME TRIMESTRE 2020

UN REGARD SUR L'ACTUALITE ARTISTIQUE OCTOBRE - DECEMBRE 2020

« Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver ». René Char.

Pourrait-on ainsi le dire de toutes les formes d’art, riches quant à elles, de matières, de formes, de couleurs ?
Laissons-nous donc porter, au-delà des craintes et des incertitudes de notre époque, par quelques propositions de ces rêves d’artistes. Propositions fort nombreuses en cette rentrée, en cause de reconductions, de prolongations, mais aussi de passionnantes nouvelles expositions.

Et couleurs en majesté (en antidote ?) avec MATISSE COMME UN ROMANCentre Pompidoudu 21 octobre 2020 au 22 février 2021
Comme pour Francis Bacon, le Centre Pompidou retisse ce riche dialogue : images et mots. Quelques 230 œuvres de ce magicien des couleurs… et des formes (pensons à ses papiers gouachés, découpés notamment) s’accordant sous la plume, la voix d’écrivains, critiques, poètes tels Clément Greenberg, Pierre Schneider, Mallarmé dont il illustra des poèmes… et Aragon, son ami, rejouant ici du titre de son ouvrage : « Henri Matisse, roman ».
Envoûtement des images, poésie des mots ou poésie des images et envoûtement des mots, à chacun de rêver.

De rêver jusqu’au ciel peut-être ? YVES KLEIN ET SES CONTEMPORAINSCentre Pompidou de Metz, (fêtant ses 10 ans), jusqu’au 1er février 2021.
Au-delà de son iconique Bleu (IKB), nous y découvrons audaces, performances, influences (Fontana, Burri, mouvement Gütai…) et couleurs au pluriel, de celui qui aspirait à :
« signer au dos du ciel » (Yves Klein)
« repousser sans cesse les limites de l’art, et faire du monde entier un espace sensible permettant à l’humain de se reconnecter à l’univers » commente Emma Lavigne, commissaire de l’exposition. Merveilleux projet écologique !

« Le soleil inonde ma toile » annonce un tableau de GERARD FROMANGERMusée des Beaux-Arts de Caen jusqu’au 3 janvier 2021.
Heureuse prolongation qui nous fait (re)découvrir cet artiste (né en 1939), tenant du mouvement « Figuration narrative », conjuguant abstraction et figuration. Sont ainsi révélés le pouvoir, subjectif de la couleur et le pouvoir objectif d’un monde bien présent, vivant, voire contestant, de la rue.


De cette même « Figuration narrative », JACQUES MONORY (1924-2018) – Fondation Maeght jusqu’au 22 novembre 2020. On s’immerge dans un bleu (… mais pas que ! là encore) habillant un imaginaire très cinématographique, souvent proche d’ailleurs d’un film « Noir » américain.

Soleil et Noir associés, précisément, au Louvre Lens : SOLEILS NOIRS jusqu’au 25 janvier 2021. Se référant à l’exposition historique « le Noir est une couleur » à la Galerie Maeght en 1946, ainsi qu’au passé minier de la région Nord, l’exposition en exploite toute la puissance, de l’Antiquité à nos jours. Le Noir se décline tour à tour inquiétant, austère, chez les Régents du Nord au XVIIe siècle, poétique, mystérieux (Redon), avant-gardiste (Malevitch, Kandinsky), « dépassé » (avec l’outre-noir de Pierre Soulages) … « stylé » avec la « petite robe noire » de Jeanne Lanvin. Fascinante couleur, fascinante plongée.

Associé au blanc, le noir se fait photographique. NOIR ET BLANC : une esthétique de la photographie – Grand Palais du 12 novembre 2020 au 4 janvier 2021. 300 emblématiques tirages, XXe siècle, de la BNF, démontrent, si nécessaire, toutes les possibilités (thème, cadrage, lumière), les infinies subtilités de cet art, dans l’œil (mais quel œil !) de Brassaï, Robert Doisneau, Diane Arbus, Helmut Newton, Mario Giacometti, André Kertesz… bien d’autres à découvrir.

Comment alors ne pas évoquer Man Ray (d’ailleurs présent à l’exposition ci-dessus) au Musée du Luxembourg - MAN RAY ET LA MODE jusqu’au 3 janvier 2021. Ses solarisations, surimpressions, collages, son génie se prêtent ici, avec grâce, au monde de la mode (Poiret, Chanel…) et de la publicité avec les revues telles Vogue, Harper’s Bazaar, Vanity Fair.

Mode et photographie et plus, là également avec SARAH MOON (née en 1941), « Passé Présent » au MAM de Paris jusqu’au 10 janvier 2021. Certains se souviendront peut-être de ses campagnes publicitaires pour la marque Cacharel d’une douce et mélancolique poésie. Mais Sarah Moon, par ailleurs, ex-mannequin Haute-Couture, et libérée des contraintes d’un studio, développera une pratique toute personnelle. Elle nous convie aujourd’hui à une « ballade » (selon son terme), sensible dans un univers, des univers, magnétiques, oniriques, étranges, angoissants parfois, tels sont les rêves aussi !

JOSEF KOUDELKA, quant à lui, avec « Ruines » à la Bibliothèque nationale de France jusqu’au 16 décembre 2020, nous transporte de ses tirages panoramiques (sa signature) au-delà du temps et des civilisations, sur les rives de la Méditerranée. Liant tragique et sublime, il trouvera là « ce qui m’est désormais le plus précieux, le mariage de la beauté et de temps ».

Et pour terminer notre panorama photographique, faisons escale à la Fondation Vuitton, avec CINDY SHERMAN jusqu’au 3 janvier 2021. S’y dévoilent de troublants autoportraits, comme autant de métamorphoses (« Rombière », dandy, madone…) questionnant, non sans humour voire autodérision, notre rapport à l’image, aux apparences sociales, aux archétypes. Le regard acéré de Cindy Sherman se prolonge par une sélection d’œuvres choisies au sein de la collection de la Fondation Vuitton.

Où l’on aborde, derrière l’image toujours, mais certes bien différemment, le vaste domaine de l’inconscient : LEON SPILLIAERT (1881-1946) - « Lumière et Solitude » – Musée d’Orsay du 13 octobre 2020 au 10 janvier 2021. Paysages nocturnes, intérieurs désertés, figures fantomatiques, visages-masques ou hagards, hantent l’artiste. Le rêve, évoqué par René Char, se teinte alors d’angoisse voire de cauchemar, au fil d’une palette sombre trouée de fulgurantes lumières.

« Je suis le rêve, je suis l’inspiration » – VICTOR BRAUNER (1903-1966). Importante et bienvenue rétrospective au MAM de Paris jusqu’au 10 janvier 2021. Une inspiration que cet artiste puisera à de multiples sources. C’est une vie d’abord marquée par ses origines roumaines, par la pauvreté (travaillera à une période avec de la bougie fondue, des cailloux, de la ficelle…), par l’antisémitisme, l’exode, mais aussi par ses rencontres au sein du mouvement surréaliste. Et c’est aussi une inspiration nourrie d’une « mythologie » toute personnelle mêlant spiritisme, tarots, kabbale, hiéroglyphes égyptiens, mythes océaniens, mexicains, contes pour enfants…
Au regardeur de faire le tableau (« ce sont les regardeurs qui font le tableau », selon Marcel Duchamp). 

Une figure qui inspira, un temps, les Surréalistes : GIORGIO DE CHIRICO – « La peinture métaphysique » – Musée de l’orangerie jusqu’au 14 décembre 2020. Tout empreint de la philosophie de Nietzsche, de culture antique, Giorgio de Chirico crée (avant un « retour à l’ordre » de source résolument classique) une œuvre silencieuse, interrogative, singulière, révélée par Guillaume Apollinaire en 1913. Pour exemple, ses emblématiques ombres ou « perspective métaphysique, géométrie de l’absurde où les ombres ne coïncident pas avec la théorie des ombres » dira-t-il. Mannequins, éléments insolites porteront plus loin encore dans l’inconscient.

Autre porte ouverte sur son exploration « HYPNOSE » - Musée des Beaux-Arts de Nantes du 15 octobre 2020 au 31 janvier 2021. Sont présentés les liens entre Science, Etudes (du XVIIIe siècle à nos jours avec la place dominante, « fascinante » des écrans) et création. Se croisent ainsi Courbet et Charcot, Freud et Rodin, les surréalistes bien sûr et leurs séances d’hypnose collective, l’art optique, le cinéma de Fritz Lang et son film « Dr Mabuse » (1922 – préfigurant les manipulations des régimes totalitaires). Jusqu’à une vaste installation multimédia de l’artiste contemporain Tony Oursler.

IPOUSTEGUY (1920-2006), ce nom vous est-il connu ? Sculpteur farouchement indépendant, hors des courants du XXe siècle, il abordera les thèmes universels propres à l’Homme avec une grande force expressive. Se révélant puissant, bouleversant, dérangeant parfois, il est présent dans le monde entier de Tokyo, Melbourne à Berlin ; beaucoup dans des espaces publics mais aussi dans de prestigieux musées tels que le Moma, le Guggenheim de New York, le Centre Pompidou à Paris, … et le musée d’Art moderne de Troyes ! 5 expositions lui sont, à ce jour, consacrées, en Meuse où il naquit il y a 100 ans et vécut longtemps, soit Doulcon, Bar le duc, Verdun, et un peu plus loin à Charleville-Mézières et Epinal.

Et pour terminer, musique ! Gitanes, ballerines, arlequins à la guitare, faunes à la flûte de pan… ont accompagné, imprégné l’œuvre de Picasso. Alors avec « les Musiques de Picasso » - Philharmonie de Paris jusqu’au 3 janvier 2021. Laissons-nous emporter en rêve, en rythme, sur les ailes de l’Art…

Christine Leduc

Henri Matisse, André Derain et Pablo Picasso : le trio oublié du XXème siècle