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NEWSLETTER DU 1ER TRIMESTRE 2022

02/02/2022

NEWSLETTER DU 1ER TRIMESTRE 2022

UN REGARD SUR L'ACTUALITÉ ARTISTIQUE DU 1ER TRIMESTRE 2022.

C’est en bonne, et belle compagnie, que nous vous proposons, en ce début d’année, une artistique promenade au fil des rue parisiennes : YVES SAINT LAURENT guide nos pas.

Le 29 janvier 1962, à seulement 26 ans, et après avoir été directeur artistique chez Dior, le couturier présentait sa première collection personnelle.
Aussi 60 ans plus tard, 6 institutions parisiennes célèbrent les liens qu’au travers ses créations, il entretenait avec l’art, soit par de directes citations (pour exemple la robe Piet Mondrian 1965) ou par son insatiable passion de regardeur et de collectionneur tout autant.
« tout homme est obligé pour survivre, d’avoir, disait Nietzsche, des fantômes esthétiques. Je pense les avoir trouvés, entre autres, en Mondrian, Matisse, Picasso mais aussi et surtout en Proust : je suis tout à fait éclectique », confiait-il en 1990.

Sous nos pas, se déroulent alors modernité au Centre Pompidou avec Matisse, Mondrian, Vasarely, Pollock…, rythmes – couleurs – matières célébrés au Musée d’art moderne, affinités avec le Maître au Musée Picasso (dont la veste du portrait de Nusch  Eluard), de l’or en la Galerie Apollon du Musée du Louvre (robe de mariée Shakespeare de 1980, entièrement parée de bijoux) et bien sûr au Musée d’Orsay, l’univers fécond de Marcel Proust ainsi que la question du genre au travers des codes vestimentaires masculin-féminin (pour exemple le fameux smoking décliné au féminin).

Quant au Musée Yves Saint Laurent, ce sont les archives, les documents, les « toiles » qui permettront de saisir, de ressentir la vie même, le processus créatif du couturier, et d’ailleurs :
« je ne suis pas un couturier, je suis un artisan, un fabricant de bonheur ».
YVES SAINT LAURENT AUX MUSEES, du 29 janvier au 15 mai 2022.

A noter concernant Marcel Proust : « Marcel Proust – un roman parisien » au Musée Carnavalet, jusqu’au 10 avril 2022.

Et puis tous ces musées exposant les créations d’Yves St Laurent, comment ne pas résister à flâner, à parcourir bien d’autres salles ; d’autant, que vous l’aurez remarqué depuis tant d’années, les expositions dites « grandes » se dévoilent plus volontiers au printemps et à l’automne ?

Egalement au Musée d’Orsay
CHEFS D’ŒUVRE DE LA FRICK COLLECTION, portraits de Whistler, du 26 février au 28 mai 2022.
SOPHIE CALLE (photographies… mais pas que ! LES FANTOMES DU MUSEE D’ORSAY, du 15 mars au 12 juin 2022.
        
C’est à un médium, fait original, que se consacre l’artiste EVA JOSPIN : le carton, agrémenté parfois de papier, bois, métal, coquillages… ce carton qu’elle décline, en œuvres, souvent d’ailleurs monumentales (exemple la magnifique forêt au cœur de la Cour carrée du Louvre en 2016), invitant à l’exploration, la contemplation, la rêverie :
« EVA JOSPIN. Galliera » Musée de la Chasse et de la Nature, jusqu’au 22 mars 2022.
Entre les murs du noble Hôtel de Guénégaux, dans le Marais (hôtel XVIIe siècle, magnifiquement restauré), dédié à la chasse et à la nature, le thème de la forêt s’imposait. Ces forêts, la plasticienne les travaille denses, touffues, mystérieuses, inquiétantes parfois ; sorte de réminiscences, de peurs ancestrales. A l’exposition, une de ses œuvres retiendra plus particulièrement notre attention. Adossée à une forêt donc, se laisse découvrir une galerie (dans laquelle nous nous engageons), évoquant un fascinant et énigmatique studiolo italien : merveilleux dialogue nature – culture.
Tout proche, un bas-relief « minéral » (toujours fait de carton !) – Matera 2018 ; dans les étages supérieurs, un cénotaphe ou encore un jardin baroque. On remarque là, bien sûr, la grande passion d’EVA JOSPIN pour l’Italie antique, renaissance ou baroque (elle fût par ailleurs pensionnaire de la Villa Medicis). Le parcours se poursuit au sein des collections permanentes du  musée (dont un très beau tableau de Derain – la chasse au loup, vers 1930), émaillé de créations contemporaines d’artistes invités par EVA JOSPIN et relevant d’une même poésie.

Plus loin, beaucoup plus loin que Paris, que l’Italie, nous découvrons alors le monde avec STEVE MC CURRY, Musée Maillol, jusqu’au 29 mai 2020. Photographe américain, aux 40 ans de carrière, STEVE MC CURRY nous offre là son univers riche d’expériences et d’émotions. 150 œuvres, grand format, aux éblouissantes couleurs de toute une humanité nous entrainent d’Afghanistan (des photographies noir et blanc l’y montre reporter de guerre) au Pakistan, d’Inde à l’Asie du sud-est, du Tibet à l’Amérique du sud. Ces œuvres, portraits pour la plupart, emprunts de dignité quel qu’en soit la situation, se dévoilent à la faveur de salles obscures, au fil d’un lumineux labyrinthe, sans chronologie, ni thématique, ni cultures, ni ethnies : autant de visages, de regards, fascinants regards, qui longtemps, les portes refermées, nous accompagnent.
« une photo peut exprimer un humanisme universel ou simplement révéler une vérité délicate et poignante en exposant une tranche de vie qui pourrait, autrement, passer inapercue ». STEVE MC CURRY.

Une autre destination lointaine, dans l’espace mais aussi dans le temps, nous est proposée au Musée Cernushi, PEINDRE HORS DU MONDE – MOINES ET LETTRES DES DYNASTIES MING (XIVe – XVIIe) ET QUING (XVIIe – début XXe), jusqu’au 6 mars. S’y déroulent une cinquantaine d’œuvres picturales, calligraphiques (rouleaux sur soie, sur papier, parfois de plusieurs mètres de long et bien sûr d’une extrême fragilité) nous plongeant dans le monde « hors du monde » de ces lettrés.  Menant une vie frugale, monacale, loin de l’agitation des villes (déjà), ils partageaient leur temps entre méditation, contemplation silencieuse, poésie, pratique de la peinture et de la calligraphie. La nature, qu’elle soit Montagne, tels les pics acérés des monts Huang plantés de pins noueux et nappés de brumes, ou cours d’eau, est alors source d’émerveillement, d’inspiration et de création. Des créations entre réel et imaginaire, et où les personnages humains sont souvent réduits à de très fines silhouettes. 
Pour n’en citer que deux, ce pourrait être SHITAO (1642-1707) et ses bambous esquissés d’une touche si légère comme agités par le vent ; ou encore la souplesse du trait de ZHUDA (1626 – 1707) suggérant le frétillement du poisson. Voilà bien une halte sereine et bienfaisante ou le regard se double d’une réflexion à l’acuité toujours actuelle (l’homme et son environnement, son regard précisément, son rapport à cet environnement) et toujours inspirante. Ainsi l’ouvrage photographique de Marc Riboud, préfacé par François Cheng « Huang shan, les Montagnes Célestes » 2004. Par-delà les siècles, Marc Riboux photographe et Francis Cheng poète, célèbrent par leurs clichés et leurs mots, un monde hors d’atteinte, intemporel.
Et de nombreux artistes contemporains chinois se reconnaissent redevables à ces moines lettrés du passé. Pour exemple, l’exposition qui eut lieu en 2020-2021 à Zurich (Musée Rietberg) « l’art chinois à l’écoute du paysage », s’y confrontaient chefs d’œuvre historiques et réalisations contemporaines ; parmi ces artistes : Yang Yongliang notamment.

Après Hors du Monde, PAUL KLEE – ENTRE MONDES, au Lam, Villeneuve d’Asq, jusqu’au 27 février 2022.
Figure singulière des avant-gardes au XXe siècle, PAUL KLEE (1879-1940) aimait se définir comme « peintre-poète », mais un peintre-poète désirant s’affranchir des règles académiques, des canons esthétiques occidentaux, pour explorer de nouveaux territoires, pour revenir aux sources de l’acte créateur. Il s’inspirera, se nourrira, pour cela, d’art pariétal, de dessins d’enfants (dont les siens ! ), de ceux de patients en cliniques psychiatriques (notons l’ouvrage du Dr Prinzhorn en 1922 « Expressions de la folie »,connu de PAUL KLEE), de créations extra-européennes (africaines, orientales) d’art populaire et aussi médiumniques. On comprendra qu’une telle quête, de telles sources multiples foisonnantes, engendrent une œuvre complexe et donc un parcours à l’exposition déroutant parfois : cela même s’il est accompagné de correspondances, revues, photographies de ces sources d’inspiration.
Entre art brut et modernité (rappelons que PAUL KLEE fut enseignant au Bahaus de Weimar, puis Dessau, proche de Kandinsky), peinture et musique lui-même excellent violoniste, entre figuration et abstraction, rêve et réalité, tentons avec PAUL KLEE d’oublier, s’alléger, se laisser porter, emporter en ses mondes, Entre Mondes. 
A remarquer que cette exposition est réalisée avec le concours du Zentrum Paul Klee de Berne qui lui-même présente « PAUL KLEE, les êtres humains entre eux », jusqu’au 22 mai 2022.
C’est ici une étude (dessins pour l’essentiel) sur la cohabitation des êtres humains, mais non sans une certaine distance ironique.

Feu d’ironie, réelle conviction et magistrale illustration nous seront offertes à l’exposition « ECRIRE, C’EST DESSINER » au CENTRE POMPIDOU METZ, encore jusqu’au 21 février 2022 !
C’est là le vibrant crédo que la poétesse-artiste ETEL ADNAN (1925-2021, d’origine libanaise, père syrien, mère grecque… et de nationalité américaine) et ses porellos, longs, merveilleux livres accordéons peints-inscrits, illustrant cet éternel dialogue ainsi que cette non moins éternelle aspiration, nécessité à communiquer savoirs, croyances, émotions de tous ordres, en tous lieux, toutes époques. Ce sera pour nous l’émotion de (re)découvrir un fragment du Livre des morts égyptien sur papyrus, un ouvrage enluminé du XIVe siècle, un rare croquis d’Arthur Rimbaud, une encre de Marguerite Yourcenar, les idéogrammes d’Henri Michaux, un manuscrit illustre ottoman, les œuvres écrites – dessinées de Cy Twonbly, Pierre Alechinsky, Louise Bourgeois, Pierrette Bloch…
Narration universelle « Poésie du tout-monde », exprime Pélagie Gbaguidi, artiste africaine née en 1965, inspirée par la vie et l’œuvre d’ETEL ADNAN et invitée à réaliser une fresque éphémère 
mêlant histoire contemporaine et récits traditionnels.

Sur votre route, Evian-les-Bains, peut-être :
« CHRISTIAN BÉRARD, au théâtre de la vie », Palais Lumière, du 5 février au 22 mai 2022.
Peinture, théâtre, scénographie, danse, décoration, illustration, CHRISTIAN BÉRARD (1902-1942) a prêté son talent à nombre créateurs de son époque. A l’académie Ranson qu’il fréquente au début des années 20, il se marquera de l’influence « Nabi » d’Edouard Vuillard et Maurice Denis. Ces mêmes années il rencontre Christian Dior qui lui ouvre les portes de la mode. Son travail d’illustrateur inspirera Elsa Schiaparelli et également Yves Saint Laurent qui dira : « à l’âge de 13ans, c’était à Oran où je suis né, j’ai assisté à une représentation de « L’école des femmes » avec Louis Jouvet. Les décors étaient de CHRISTIAN BÉRARD, un artiste prodigieux. Ce fut pour moi un très grand choc ». C’est au théâtre en effet que CHRISTIAN BÉRARD réalise ses plus belles, plus emblématiques œuvres, dont des décors et/ou costumes pour des mises en scène de Louis 
Jouvet, Jean Cocteau (ex La belle et la bête en 1945), Jean Giraudoux (La Folle de Chaillot 1945), Jean Genet (Les Bonnes en 1947) … Cette rétrospective rend donc hommage à ce talent multiple, coloré, que Louis Jouvet décrivait comme « un arc en ciel qui déambule ». Mort brutalement en 1949, Francis Poulenc composera son Stabat Mater à sa mémoire et Jean Cocteau lui dédiera son film « Orphée » (1950).

Et pour terminer : Tous à Rio ! … à Moulins, où le Centre National du Costume de Scène présente jusqu’au 30 avril 2022, « CARNAVAL DE RIO » (NB : carnaval à Rio reporté « pour cause que l’on sait » en avril). A Moulins, ce ne sont que costumes colorés, plumes paillettes, masques, maquillages fantastiques… au rythme de la samba, bien sûr !

En tous domaines, et comme le suggérait YVES SAINT LAURENT, je souhaite, je vous souhaite que l’art soit, en cette année et d’autres à venir, toujours, ‘fabricant de bonheur ».

Christine Leduc